
Que d'espoirs pour ce championnat et arrivé à la mi-saison, que de désillusions. Le début devait être prometteur et mon manque de résultat pouvait être attribué à la malchance. Mais le temps passa, les courses se succédèrent et les résultats ne vinrent pas. La malchance ne pouvait être la seule raison. Le doute s'installa. Deux rookies et un pilote n'ayant qu'une saison de plus que nous, le constat était évident, notre inexpérience à tous nous empêche d'analyser et de rémédier à nos carences.

Je revis mes objectifs à la baisse. J'espérais au début rentrer dans le top 10 le plus souvent possible, voir même essayer d'accrocher le milieu du tableau, par exemple une 8e place si nous étions 16 au départ. Le nouvel objectif est de finir une course et si possible sans dégats. Mais même celui-ci s'avère difficile, voir même, le plus souvent, impossible à atteindre. La frustration est immense, d'autant plus que j'avais passé énormément de temps à courir avec l'IA. J'avais effectué pas moins de deux championnats complets en Cup en offline et un championnat Truck. Je m'étais habitué à rouler en meute, pare-chocs contre pare-chocs et je m'étais fait une base de setups pour chaque track sur la base des VH et en météo clear par 70F. Aux mois de juillet et août dernier, ce n'était pas moins de 3 courses par semaine que j'effectuais avec l'Intelligence Artificielle. Les espoirs étaient donc à la mesure de l'entraînement, la déception et l'incompréhension sont bien plus grandes.

La vie virtuelle est indissociable de la vraie vie. Une rentrée difficile et des prévisions budgétaires qui ne peuvent qu'aller à la baisse. Des travaux dans une maison qui n'en finissent pas. Le temps qui me manque pour me consacrer à mon deuxième métier, celui d'artiste peintre. Ajouter à cela, mon seul passe-temps le simracing, où je peine et où le plaisir n'est plus au rendez-vous. Je finis par vraiment broyer du noir. Pour bon nombre d'entre-nous NR2003 n'est qu'un jeu, même si la plupart l'abordent le plus sérieusement possible. Pour moi, c'est un peu plus que ça. Après avoir passé près de 10 ans dans le milieu de la compétition moto, comme illustrateur, chronométrer en endurance puis pour finir journaliste. Après avoir participé activement à l'organisation de team, après avoir interviewé pilotes, team-managers, mécanos, et autres acteurs de ce sport mécanique, j'ai certainement une approche différente de la simulation. D'ailleurs pour moi, tout ça, c'est vraiment une "simulation" et je veux reproduire ici, ce que j'ai observé là-bas. Me voici confronté aux mêmes questions qu'ont pu se poser tous ces pilotes que j'ai vu chuter, course après course. Le doute et la solitude prennent place.

Mais il est vrai que tout ça n'est quand même qu'un jeu, alors à quoi bon se "prendre la tête" et se créer un souci supplémentaire dans une vie qui en compte déjà suffisamment ? Pourquoi persister si finalement on n'est vraiment pas doué et qu'on ne prend plus de plaisir ? Suis-je quelque part un peu "mauvais joueur" ? Certainement ! Mais à quoi bon s'être autant investi si c'est pour abandonner ? Et ceux de la ligue, les Patrick, Brice, Jonathan, Cedric, tous ceux qui donnent tant pour que nous vivions notre passion ?

Ma décision était prise : quitter le Reflex Racing Team, pour ne plus pénaliser mes coéquipiers avec mes manques de résultats, mes voitures accidentées et mes pénalités dues aux drapeaux jaunes que je provoque. Quitter le team et créer ma propre écurie et me gérer seul pour ne plus dépendre de personne. J'ai pris contact avec Brice Rouffet, pour lui faire part de mon projet et lui expliquer mon désarroi et mon incapacité à faire un minimum de résultat. Il me confirma la possibilité pour moi de créer ma propre écurie, mais immédiatement il me propose une autre solution : intégrer son écurie où il se serait chargé de me guider, de me conseiller, de m'aider, course après course. Pris au dépourvu, je ne sus quoi répondre.

Deux jours plus tard, je reçois un coup de téléphone de Ronan Taugeron, qui m'explique que les projets de Brice avaient évolué depuis le départ de Marc de son écurie, mais qu'après concertation, la RC Motosport était prête à m'accueillir. Je reçus confirmation de la proposition par un Message Personnel sur le forum de Cédric Le Comte, mon ancien team manager chez Vaillante. RC Motorspot pour Ronan-Cédric, le top team de la ligue. La proposition de Cédric consistait à m'intégrer à leur écurie, de me décharger de toute responsabilité financière et de m'attribuer des consignes de courses afin de me faire évoluer aussi bien dans mon pilotage que dans ma façon d'aborder une course de NASCAR. Ronan quant à lui me proposait de m'aider à comprendre le fonctionnement de l'auto et à la maîtriser en me concevant des setups sur mesure. Pour les trois protagonistes, Brice, Cédric et Ronan, il est hors de question de me laisser sombrer dans le découragement et de me voir jeter l'éponge après mettre autant investi. Face à tant de sollicitudes, l'émotion est vive. Je fus profondément touché par leurs implications à mon égard.

En commun accord avec Sébastien Touzalin, je quitte donc le Reflex Racing Team pour intégrer la RC Motosport. Pour avoir fait partie de la Vaillante, la saison dernière, écurie que dirigeait Cédric Le Comte, je sais que je vais retrouver un team manager d'expérience et qui prend son rôle très au sérieux. En la personne de Ronan Taugeron, l'un des meilleurs metteurs au point de notre ligue, peut-on imaginer un autre professeur pour comprendre la voiture ? Je lui devais déjà une fière chandelle, quand mon volant était tombé en panne et qu'il m'envoya en urgence un Momo Rouge pour me dépanner passant de longs moments au téléphone pour que je puisse le régler et l'adapter à ma conduite. En intégrant la RC Motosport, je sais que je suis avec deux pilotes qui abordent la course avec le même état d'esprit que moi. Ma soif d'apprendre sera assouvie. Et puis comment aurais-je pu abandonner la course, alors que pour mon Noël, j'avais eu un magnifique G25 ? La course continue... Start my engine !
