lundi 23 juin 2008

19 - DAYTONA ET LE DRAFTING

04/09/2007
DAYTONA 250
14° Temps couvert
Vent Nord de 11 kmh
100 tours = 250 Miles / 402,336 km

Situation : située à Daytona Beach, Floride. C'est la piste la plus prestigieuse du circuit NASCAR. Elle accueille 150.000 spectateurs. La piste originale utilisait une partie de l'autoroute qui longeait la plage, et la plage elle-même. En 1959, la nouvelle piste de Daytona était inaugurée. Elle fut, au fil des ans, le théatre de courses historiques dans les annales de la NASCAR. Aujourd'hui, la course des Daytona 500 qui est également la course inaugurale de la saison est le point culminant de deux semaines de spectacles consacrés entièrement à la vitesse : "the speedweeks" . Début juin, ce circuit accueille également une course nocturne : les Pepsi 400.
Particularités : piste ultrarapide semblable à talladega les deux uniques superspeedways de la saison. L'effet d'aspiration, le "drafting" et la patience jouent un grand role. Les vitesses élevées impliquent une grande consommation et bien plus grande encore pour une voiture isolée à une vitesse moindre. De plus, l'usage de la plaque de restriction rend les voitures quasi-identiques en termes de puissance brute et ne donne aux pilotes que très peu de réserve pour doubler.

Le décor est planté. Les 500 Miles de Daytona, 250 pour notre championnat, sont pour les GT de la NASCAR, ce que sont les 500 Miles d'Indianapolis pour les monoplaces américaines, la plus grande et la plus prestigieuse des courses de la saison. Les courses sur superspeedway sont très particulières, d'une part à cause de la plaque de restriction et d'autre part à cause du phénomène de drafting qui est impressionnant avec ces voitures totalement carrossées. Les plaques de restriction firent leur apparition lorsque la barre des 200 mph de moyenne fut allégrement dépassée, soit plus de 330 kmh. Elles sont destinées à réduire la puissance des voitures et donc leur vitesse. Elles vont également provoquer un nouveau genre de courses, nivelant les performances des voitures, on vit des épreuves constituées de pelotons de voitures impressionnant, le plus souvent sur deux files de front, parfois trois. On connaît le phénomène de l'aspiration en sport mécanique, qui permet le plus souvent de doubler un adversaire lors d'une ligne droite suffisamment longue. Alors que dire d'une piste comme Daytona où l'on fait un tour, le pied droit rivé au plancher de la voiture. Ici le phénomène est très largement amplifié par le nombre des voitures qui y contribuent, formant de véritables trains comportant parfois plus de 20 véhicules.

Expliquons ce drafting qui contribue à ces courses si particulières. Une voiture pénètre dans l'air lors de son déplacement provoquant derrière elle une dépression, la seconde voiture qui la suit et qui entre dans cette dépression se retrouve avec une résistance à la pénétration dans l'air nettement réduite et donc sa vitesse augmente. Elle semble alors aspirée par l'auto qui la précède. Quand quatre, cinq, six, dix voitures se suivent pare-chocs contre pare-chocs à plus de 280 kmh, les dépressions et les turbulences provoquées par les autos sont énormes. La vitesse de ce train augmente dans de fortes proportions, environ 20 kmh, pour une consommation moindre. Le phénomène est tel que la voiture de tête est elle-même poussée par les autres. La difficulté du pilotage se résume par une stabilité de l'auto très particulière. L'homme de tête se retrouve avec une voiture rendue fortement survireuse à cause de la dépression à l'arrière de la voiture provoquée par ses poursuivants. En contre partie, le dernier de la file se retrouve avec une voiture sous vireuse due aux dépressions engendrées par ceux qui le précèdent. Quant à ceux qui sont au beau milieu de la meute, terme qui prend ici toute sa raison d'être, ils ont une voiture à la fois sur et sous vireuse, donc extrêmement délicate et sensible à tout mouvement de la direction. À tous ceux-là il faut ajouter une précision du pilotage diabolique, car les concurrents se retrouvent coincés entre, soit le bord de piste à gauche ou le muret à droite et l'autre file de voitures. Le moindre écart est impardonnable et immédiatement sanctionné.
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La technique de pilotage sur ovale et les stratégies de positionnement lors de la course et des arrêts aux stands sont ici poussés à leurs paroxysmes.
Il faut aussi rajouter le facteur chance, car à de telles vitesses et en se suivant de si près les uns des autres, la moindre défaillance mécanique ou la moindre erreur de pilotage peu se transformer en un carambolage monstrueux. Il n'est pas rare de voir un accident éliminer d'un coup près de la moitié du plateau. Les Américains l'appellent le "big one", extrêmement spectaculaire il est redouté des pilotes mais aussi attendu par certains spectateurs. Fort heureusement, la sécurité du circuit et surtout celles des voitures a énormément progressé ces dernières années, et il est rare, malgré des images parfois effroyables, de constater des séquelles graves pour l'un de ces pilotes malchanceux. Pour remporter une telle épreuve, il faut de la chance, un pilotage sans la moindre défaillance et une énorme expérience, pour se retrouver devant tout le monde dans les derniers mètres.
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Dans notre simulation, ce phénomène de draft est très bien reproduit et par conséquant, les "big one" le sont aussi. Aucune chance de repartir après un quelconque accrochage. La stratégie et les arrêts aux stands sont primordiaux, doublés d'un pilotage des plus fin. La tension est énorme, car nous aussi nous devons rouler pare-chocs contre pare-chocs. Pas une seconde d'inattention n'est permise. C'est un peu une course à la loterie, la chance à une grande part dans cette course. Un exercice qui n'est pas celui que je préfère.
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Je suis donc arrivé au départ de la première course de la saison en catastrophe à cause d'un emploi du temps toujours aussi ingérable, sans avoir fait un tour de roue à Daytona dans les conditions climatiques de la course. Fort heureusement je me rends compte que le setup de l'an dernier, prévu pour une température supérieure de 10F, fonctionne très bien. J'allais enfin voir si mon entraînement estival allait apporter ses fruits.

Le départ est donné et tout de suite je me sens à l'aise et j'évolue dans la meute sans aucun problème, de la 18e place, je me retrouve 4e juste avant la première valse des ravitaillements. Ne pas ressortir trop tard au risque de se retrouver isolé. Et c'est pourtant ce qui m'arrive, alors que je ne déplore aucun problème aux stands et un temps de ravitaillement tout à fait correct. Comment ont-ils fait pour ravitailler si vite ? Et c'est là que je me rends compte que mes pneus étaient à peine usés. Hors sans contre ordre de la part du pilote, NR change systématiquement les pneus. Contre-ordre que je n'ai pas donné, résultat de l'absence de préparation de cette course, mais aussi d'un manque de concertation au sein du team, car Sébastien Touzalin, lui n'a pas changé ses pneus.

Je me retrouve donc isolé et j'attends un autre attardé pour rouler ensemble et perdre le moins de temps possible. Il ne me reste plus qu'à espérer d'éventuels drapeaux jaunes pour remonter. Avec une stratégie désormais décallée, je réussis à remonter et à revenir dans le top 10. C'est là qu'intervient le seul drapeau jaune de la course. Et je suis malheureusement pris dans le crash. Retour au stand, réparation et je finis 15e à 4 tours du leader. Mais le bilan est positif, bonne tenue de la voiture en meute et malgré le manque de préparation de cette course, j'étais dans le coup, faisant un début de course dans le top 5. Réconforté, tous les espoirs sont permis et les objectifs semblent être à ma portée.