
En effet, en offline, mes plus gros problèmes étaient, et le sont toujours, les départs au beau milieu de la meute et les restarts. Problèmes partiellement résolus en partant systématiquement de la dernière ligne. Le "portière contre portière" avec cette IA, qui démarre en trombe, pneus froids ou pas, et qui n'autorise aucune faute de pilotage ni d'écart de trajectoire fût-il minime, se soldait invariablement par un crash, ou une poussette qui me relégué en queue de peloton. Alors quand j'entendis le fameux "Gentlemen, start your engine !" j'ai ressenti comme une horrible angoisse.

Et bien non, tout s'est bien passé. Mieux même, au bout de la ligne droite, je dépassais deux concurrents, habitué que j'étais des départs canons de l'IA. De plus, les concurrents n'étaient pas à touche-touche, ce départ-là m'a paru plus vraisemblable. Mais ma joie fut de courte durée, car au virage 2, tout le monde me repasse. Perturbé, intimidé, en deux tours, je me retrouve seul, ils étaient déjà loin.
Les tours se succédèrent, peu à peu j'oubliais le "online", je me concentrais sur mon pilotage et prenais mes marques. Finalement, une voiture apparut au bout de la ligne droite, la concentration monta d'un cran. Peu à peu, je le rattrapais et je restais derrière lui pendant quelques tours. Visiblement, ce concurrent n'avait pas plus d'expérience que moi. Il n'avait, semble-t-il, aucune connaissance de la piste et ne savait où se situer sur celle-ci, car à chaque entrée de virage, sa trajectoire était différente. En ligne droite, il était tantôt en haut, tantôt en bas, souvent au beau milieu, imprévisible. Concentré sur mon adversaire, attendant la faille qui me permettrait de le doubler, je fus surpris quand Xavier, mon fidèle spotter, me susurra à l'oreille : "Voici le leader" . Ils étaient déjà là ! On était à peine au quart de la course.

Ainsi se révéla à moi la quantité de travail qui me restait à effectuer pour ne serait-ce que les suivre. J'ai fini à l'antépénultième place, à six tours du leader, totalement épuisé mais tellement content, le goût de la compétition renaissant.