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- D'où te viens la passion des sports mécaniques ?
- Oh de tout jeune, je suis de la génération qui a vu les exploits de Niki Lauda, Gilles Villeneuve et la mécanique m'a toujours intéressé.
- Alors là, je les ignorais un peu jusqu'au jour ou je suis tombé sur une simulation sur ordinateur en démo, NR 2002. Au début, je ne comprenais rien à leurs courses et à leurs règles, mais j'avais déjà de bonnes sensations, alors que je jouais au clavier. J'ai fait tout le championnat au clavier, c'est pour te dire. La simulation m'a vraiment bluffé, une nouvelle passion était née. Ensuite je me suis engagé dans une ligue pour courir en online, contre de vrais pilotes. La ligue s'appelait Benzo. Puis il y a eu le team Phoenix, une ligue où Brice Rouffet faisait partie des administrateurs. C'est comme ça que l'on s'est connu. Je me suis investi et j'ai mis en place une première formule de tests pour appréhender le niveau des pilotes.
- Par désaccord. Petit à petit, avec Brice, on a songé à faire évoluer les courses. On en est vite arrivé à la conclusion qu'il valait mieux structurer les choses si on voulait avoir des courses qui ne s'éternisent pas à cause de trop de neutralisations, qui cassaient le rythme et ont tendance à rendre la course inintéressantes. Ces courses trop saccadées démotivent aussi bien les pilotes chevronnés que les novices. Nous voulions faire en sorte que le nombre de drapeaux jaunes diminue, mais les admis de Phoenix, mis à part Brice évidemment, ne l'entendaient pas de la sorte. Alors nous sommes partis créer notre propre ligue.
- Ainsi est née France-Nascar...
- Effectivement, et pas mal de pilotes nous ont suivis.
- Entre autres. C'est aussi une communauté de gens qui partagent la même passion et qui de temps en temps se retrouvent en vrai, et là c'est la franche rigolade. Tu vois l'ambiance sur le forum ? Et bien c'est la même, mais en "live". Ce n'est pas parce qu'on a réservé un restau pour midi, qu'à 19 heures, on n'y est pas encore.
- Pour mener à bien une telle entreprise, cela te prend combien de temps ?
- Je dirais 2 heures par jour.
Aujourd'hui, je m'investis moins qu'avant, parce que je délègue. On ne peut pas tout faire soi-même, et fort heureusement, il y a des gars qui s'investissent vraiment. Je dirai que les admis que nous sommes, Brice et moi, on est là pour ouvrir et payer le serveur, et servir de chef d'orchestre, le reste, c'est l'affaire de tous.

- Mais vous avez tout de même instauré une certaine philosophie de la ligue.
- Tout ce qu'on veut, c'est d'avoir de belles courses, où l'on s'éclate tous ensemble. Hors pour réussir ces courses, il faut mettre en place un règlement draconien et ne rien laisser dériver. Donc ça demande beaucoup de rigueur.
En plus, pour vivre des courses intenses, il faut aussi apprendre à piloter et Dieu sait si ce n'est pas facile de maîtriser la simulation. Beaucoup se découragent, car il faut accumuler des heures de roulage. Mais c'est à ce prix que l'on peut vivre des moments fantastiques, dignes de ceux que vivent les pilotes dans la réalité. Malheureusement, ce qui est dans l'air du temps,
c'est le "tout" tout de suite et sans effort. Avoir cette attitude rend pratiquement impossible le fait de rouler avec nous. D'autant plus que le niveau s'améliore d'année en année et que nos pilotes n'amusent pas le terrain. Le rythme est de plus en plus difficile à suivre, surtout quand la course n'est ponctuée que d'un ou deux drapeaux jaunes. Croit-moi faut tenir le rythme. Il faut vraiment s'accrocher. Je pense que c'est pour ça que la moyenne d'âge est aussi élevée à France Nascar (33 ans). Les jeunes trouvent ça trop difficile et abandonnent vite. C'est d'ailleurs un peu lassant
de consacrer autant de temps à leur en donner justement, des cours de pilotage, des tests, et de les voir finalement partir. Nous sommes une grosse quinzaine et nous avons vu passer une vingtaine de pilotes cette année. Ils partent ailleurs, parce que les contraintes sont moins fortes, puis lassé par les courses hachées et les engueulades sur les forums, ils passent à autre chose. C'est dommage. Mais il faut dire également que la simulation n'est pas pour les "hardgamers", qui sautent sur les nouveaux jeux dès leurs sorties et passent d'une ligue à l'autre. Ils ne connaîtront sans doute jamais ce que l'on ressent en remportant une victoire après avoir bataillé pendant deux heures durant et finir avec quelques centimètres d'avance.




- Je ne sais pas. Franchement je n'en n'ai pas la moindre idée. Peut-être qu'un jour tout s'arrêtera. Je pourrai alors me consacrer à mes autres passions. Pour l'instant, c'est une communauté où il y a de vraies amitiés qui se développent, j'aime cet esprit communautaire, comme en 68 "lol".
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